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Contre la société nucléaire: exposition - projection

[ Modifier ] * Proposé par (... et vous?)* Dernière modification le 15 Janvier 2009 à 23h22
Le 24 Janvier 2009 de 18h00 à 20h00
Retour sur la lutte contre la construction de la centrale de Chooz B dans les années 80.
A partir de 12h : Exposition d’archives, matériel photographique et vidéo.
A 18h : Projection du film l’Explosion. Ensuite une petite restauration est prévue.
A 19h : Débat autour de la lutte à Chooz et des perspectives actuelles des luttes antinucléaires et contre les nuisances.


Dans la Pointe des Ardennes françaises, à un jet de pierre de la frontière belge, le petit village de Chooz est niché dans un méandre de la Meuse. Au début des années 60, une première centrale nucléaire (Chooz A) s’y construit sans résistance. En 67, elle est mise en marche et dès 68 un « incident » exigera 2 ans d’arrêt. La panne sera gardée secrète et des eaux contaminées seront rejetées dans la Meuse. A partir des années 70, on commence à parler de plus en plus de cancers, de leucémies et de problèmes de thyroïde dans la Pointe. En 77, des rumeurs circulent autour de la construction d’une nouvelle centrale et peu à peu la résistance à l’implantation de Chooz B s’organise. Tout d’abord dans la bonne humeur, la résistance se durcira au fil des années. De la séquestration du maire pronucléaire par des femmes de Chooz suite à l’accident de Three Mile Island en 1979 aux affrontements – molotovs contre lacrymos – lors des enquêtes d’utilité publique, la lutte impliquera de plus en plus de monde (les habitants de Chooz seront rejoints par de nombreux antinucléaires belges et français) et gagnera en violence.

En mai 1981, avec l’élection de Mitterrand, les projets de nouvelles centrales nucléaires sont gelés, mais loin d’être définitivement abandonnés. La lutte prend ici un tournant décisif, pour palier aux illusions démocratiques et à l’opposition de plus en plus légaliste prônée par les environnementalistes, un Front d’action antinucléaire franco-belge est créé pour redynamiser la lutte. Faute d’avoir un objectif tangible suite au gel du projet, cette coordination clandestine appellera dès lors à des manifestations tous les derniers samedis du mois dans le but d’attaquer les infrastructures de la centrale existante et de foutre en l’air le plus de matériel possible. Peu à peu, Chooz est militarisé et l’affrontement se déplace vers la route nationale qu’empruntent les « casqués ». Cette route passant par Vireux, les sidérurgistes de la Chiers entreront dans la danse. Au même moment où il optait pour le « tout nucléaire », l’Etat français restructurait aussi l’industrie sidérurgique. Et les deux luttes , tout en gardant chacune leurs spécificités et leurs objectifs, se rejoindront dans la pratique. Les antinucléaires seront accueillis par les ouvriers qui mettront à leur disposition leurs outils et rivaliseront de créativité dans les moyens de freiner l’avance des « casqués » sur la route nationale tandis qu’un groupe de sidérurgistes brûlera entre autres de nombreux véhicules d’EDF et plastiquera un pylône électrique .

Dès 1983 pourtant, la lutte autour de Chooz commencera à s’essouffler, beaucoup sont en effet usés par la répression et découragés par le commencement des travaux. Les sidérurgistes, quant à eux, négocieront de leur côté un plan social qui aura pour effet de les démobiliser.

La lutte de Chooz s’éteind, mais elle nous laisse (tout comme celle autour du site de Golfech entre autres) une énorme expérience et, au-delà de la nostalgie, c’est celle-ci que nous tentons de récupérer, de raviver pour qu’elle nous serve aujourd’hui. Si un cycle de luttes semble s’être achevé, la saga nucléariste elle est loin d’être terminée si l’on en juge même les projets actuels de construction d’une centrale de troisième génération dans la Pointe ou encore les récents « incidents » à Fleurus où l’on a pu voir l’Etat faire usage des stratagèmes habituels (d’abord nier, puis minimiser l’accident). Si nous voulons revenir sur la lutte de Chooz avec des compagnons y ayant directement participé, c’est pour alimenter nos luttes d’aujourd’hui, qui tenteront de relier la critique antinucléaire avec la critique du modèle de société qui va avec.

Lieu:
Local Acrata
32 Rue de la Grande Ile
1000 Bruxelles

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