Les conditions d’exploitation sur cette planète sont toujours plus cruelles. La production exige de plus en plus de dévastation. Tout est transformé en marchandise, tous les aspects de notre vie sont assimilés par le capital. Cependant, une remise en question du système capitaliste semble toujours plus lointaine. A l’ancien modèle de l’exploitation, basé sur la concentration du force de travail avec comme conséquence, une condition commune (celle de prolétaire), répondaient les organisations et aspirations du vieux mouvement ouvrier.
Aujourd’hui, après la profonde restructuration de l’économie des années 80, entre autre par le biais des nouvelles technologies, il serait illusoire d’attendre ou d’œuvrer pour un retour de ces méthodes de lutte et d’organisation désormais obsolètes. Les formes de contestation partielle (allant du classique de l’autogestion de la production jusqu’aux des modes de consommation « écologiques » en passant par l’organisation collective de la survie), deviennent alors le cheval de bataille du capital. Nous sommes submergés dans un monde où la guerre de tous contre tous pour la survie, est en train de devenir la seule condition commune. Confondre cette guerre civile avec une guerre sociale contre toute domination serait une profonde erreur - si elle en contient la rage, les aspirations d’émancipation celle-ci lui manquent.
Que nous reste-t-il, alors ? On peut au moins écarter quelques fausses pistes : il ne s’agit ni d’attendre l’émergence d’un nouveau sujet révolutionnaire qui remplacerait le vieux prolétariat, encore moins de tenter de déserter les mécanismes de l’exploitation qui s’étendent désormais partout. Au contraire, s’agit-il peut-être justement de trouver des moyens pour exprimer à nouveau, en un milieu qui nous est plus hostile que jamais, une volonté révolutionnaire, une critique subversive de l’existant, qui – au moins – saura identifier la domination sous toutes ses formes et transformer cette guerre civile en guerre sociale.
Quelques compagnons viennent discuter autour de ces thèmes.
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