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Les Monnaies Complémentaires, un outil clé pour gérer la crise financière ?

[ Modifier ] * Proposé par * Dernière modification le 31 Octobre 2008 à 10h27
Le 06 Novembre 2008 de 18h00 à 19h30
Conférence-débat avec l'économiste Bernard Lietaer à la Pianofabriek (Saint-Gilles), organisée et modérée par le Groupe de Travail citoyen sur la Monnaie.

La crise bancaire et financière sévit à grande échelle. Elle fait la Une des journaux depuis quelques semaines et les citoyens s’inquiètent des répercussions actuelles, des répercussions à venir. Les gouvernements réagissent dans l’urgence, mais les solutions mises en œuvre sont-elles vraiment de nature à stabiliser le système ?



Bernard Lietaer exposera son analyse, particulièrement du point de vue de l’instabilité intrinsèque de notre système financier et monétaire. Cette analyse le conduit aujourd’hui à faire des propositions sur les monnaies complémentaires, propositions par ailleurs confortées par au moins une expérience qui a fait ses preuves dans la durée en Suisse.

L’exposé sera suivi d’un débat. Afin de tirer le maximum de profit de cet échange, il est proposé aux participant(e)s de prendre connaissance des textes publiés sur le site lietaer.com, en particulier le White Paper. Ce document est en anglais, mais nous donnons la traduction de son résumé plus bas.

Il n’est pas nécessaire d’être expert en économie financière pour assister à la présentation, débattre intelligemment sur le sujet ou encore s’approprier des connaissances éclairantes sur les questions monétaires. L’un des fondements du GTM repose d’ailleurs sur la réappropriation par les citoyens des questions économiques fondamentales.

Pratico-pratique

Où ? Centre culturel De Pianofabriek, 35a rue du Fort à Saint-Gilles. (La salle et l’étage seront indiqués à l’entrée de la Pianofabriek.)
Quand ? Le jeudi 6 novembre 2008, de 18 à 19h30’ + discussion informelle au bar du rez-de-chaussée après le débat.
PAF ? Entrée libre, mais une participation de soutien sera bienvenue.
Comment s’y rendre ?
- En train : Gare du Midi (10/15 minutes à pieds)
- En métro : ligne 2 station Porte de Hal
- En tram : 81/83 arrêt Guillaume Tell ou Barrière, 3/4/33/51 arrêt Parvis de Saint-Gilles ou Barrière, 97 arrêt Barrière.
- En bus : 48 arrêt Parvis de Saint-Gilles ou Barrière.

Qui organise ?

Le Groupe de Travail citoyen sur la Monnaie (GT MONNAIE) a été lancé en 2007 afin de rassembler, en Belgique francophone, des personnes intéressées à comprendre le fonctionnement de notre système monétaire et financier actuel, et à investir les différentes pensées alternatives qui existent. Groupe pluraliste, non-partisant et ouvert à tous, composé de personnalités indépendantes qui s’intéressent à la question monétaire, le GTM se veut dans un premier temps un groupe de réflexion. Il deviendra également bientôt un groupe de sensibilisation et d'action vers l'extérieur.

Plus d’infos sur le site du GTMonnaie ou en écrivant à info@gtmonnaie.be.
Le GTM a aussi une page sur le site demarche.org, à voir par ici.

Qui c'est, Lietaer ?

Bernard Lietaer, économiste bruxellois, a été actif dans le domaine des systèmes monétaires durant 30 ans avec une très grande variété de fonctions. A la Banque Nationale de Belgique, il était responsable pour la mise en œuvre du mécanisme de convergence (ECU) vers le système européen de monnaie unique. Durant cette période, il était également président du système belge de paiement électronique. Son expérience de consultant dans les questions monétaires sur quatre continents s’étend des entreprises multinationales aux pays en voie de développement. Il a été General Manager, co-fondateur et Chief Currency Trader du hedge fund GAIA, un des plus grands fonds off-shore, période durant laquelle Business Week l’a reconnu comme le « plus grand opérateur mondial sur les devises » (1992). Il est l’auteur de 14 livres traduits en 5 langues. The Future of Money, son ouvrage principal, a été traduit en 18 langues. Plus d’informations sur l’auteur sont disponibles sur son site web. Aujourd’hui, il travaille entre autres au Center for Sustainable Resources de l'Université de Californie (Berkeley).

Résumé du White Paper on Systemic Bank Crises

(François Lietard, version augmentée d'octobre 2008)

La crise financière qui se déroule n’est pas le résultat d’une défaillance cyclique ou managériale, mais de nature structurelle. Une première explication de cette affirmation est qu’il y déjà eu plus de 96 autres crises bancaires majeures durant les 20 dernières années, et que ces crises se sont déroulées sous des régimes de régulations très variés et à divers stages du développement économique. Nous devons d’urgence trouver de meilleures solutions car la dernière fois que nous avons expérimenté une défaillance de cette envergure, la Grande Dépression des années 1930, cela s’est terminé par une vague de fascisme et la seconde guerre mondiale. Cependant à ce jour, les solutions conventionnelles mises en œuvre - nationalisation des créances problématiques (comme dans le plan original de rescousse de Paulson) ou nationalisation des banques (comme en Europe) – ne traitent que les symptômes et non les causes systémiques des crises bancaires actuelles. De même, la re-régulation financière qui sera à l’agenda de chacun réussira, au mieux, à réduire la fréquence de telles crises, mais ne pourra éviter leur réapparition.

La bonne nouvelle est qu’une compréhension systémique et solution technique sont maintenant disponibles pour garantir que de telles crises deviennent des phénomènes du passé. Une percée conceptuelle récente, qui dérive son approche d’eco-systèmes équilibrés, structurellement sain et très performants, prouve que tous les systèmes complexes, y compris nos systèmes monétaires et financiers, deviennent structurellement instables chaque fois que l’accent est prioritairement mis sur l’efficience aux dépens de la diversité, l’interconnectivité et la résilience si cruciale qu’elles apportent. Dans notre cas, la viabilité implique de diversifier nos types de monnaies et d’institutions, et d’en introduire de nouvelles qui sont conçues spécifiquement pour augmenter l’approvisionnement de monnaie dans sa fonction primitive de moyen d’échange, plutôt que celles d’épargne et de spéculation. De plus, ces monnaies sont spécifiquement conçues pour mettre en relation ce qui resteraient autrement des ressources inutilisées et des besoins non rencontrés, dans une communauté, une région ou un pays. Ces monnaies sont désignées comme « complémentaires » parce qu’elles ne remplacent pas la monnaie nationale conventionnelle, mais agit plutôt en parallèle avec elle.

La manière la plus efficace pour les gouvernements de promouvoir une telle stratégie d’écologie monétaire variée et durable consisterait à accepter une monnaie complémentaire sélectionnée avec attention et robuste pour le paiement partiel des taxes pendant la période où les banques ne sont plus en mesure de financer de manière suffisante l’économie réelle. Le choix de la monnaie complémentaire à accepter dépendra de critères techniques (robustesse et résilience contre la fraude) et politiques (quels types d’activité est-il souhaitable d’encourager). Nous recommandons pour une première sélection dans ce rôle une monnaie complémentaire inter-entreprises (« business-to-business », ou B2B), sur le modèle du système WIR qui est en fonction avec succès depuis 75 ans en Suisse, impliquant un quart de toutes les affaires de ce pays. Ce système a été reconnu par une analyse économétrique américaine comme un facteur stabilisateur contra-cyclique majeur qui explique la proverbiale stabilité de l’économie Suisse.

(traduction approximative : GTM)


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