13/06/09
Ah aaah, vous pensiez que j'allais vous lacher les baskets hein?
Bon, c'est pas matiere a raconter qui manque au pantheon des anecdotes grecques, je pourrai vous conter l'histoire multi-episodique de la vasque atlante (photos sur le site, enfin pas encore si vous lisez ce mail a son instant d'emission, d'ici une ou deux heures plutot), ou la suite de l'aventure radeau, Georgette et sa grotte, vivante materialisation des fantasmes papousiens, le fait que le toit est fini pour du vrai (et non plus dans deux jours, hein Jerome :p)...
Je ne ferai qu'une courte (hm hm) eloge sur le soleil et la chaleur grecs. Cela fera peut-etre naitre quelque envie chez vous, en calmera sans doute quelques autres, mais sachez qu'ici le climat, a moyen terme, ne convient pas a tout le monde... Je vais tenter de refrener mes reflexes ostentatoires, mais une certaine emphase se glissera surement subrepticement dans la mise en mots de nos ressentis quand a cet univers calorifique qui nous baigne.
Il fait beau. Jusque la, ca va. Il fait chaud, et encore ce n'est que le debut. Nous avons atteint les 35-37 degres quotidiens, qui vont bientot passer a la dizaine superieure pour y trouver sa temperature de croisiere. Le soleil tape. Dur. Le paysage envirronant ne parvient a nos yeux continuellement plisses par l'exces de lumiere que filtre par la brume de chaleur cree par l'ecrasement du soleil sur l'asphalte mou. La terre se craquelle, eclate comme une reproduction miniature du grand canyon, et si l'aspect general reste fort vert grace aux nombreuses sources sous-terraines quand on y regarde de pres les herbes se racornissent, desechees, en quete de l'espoir d'une pluie qui ne viendra plus. Le vent, quand il vient de l'interieur des terres, est chaud, tel le souffle asthmatique d'un seche-cheveux agonisant; ceci dit pour le moment et pour encore tres peu de temps il reste frais (il faut ici prendre ce terme dans toute la relativite du contexte) quand il vient du large. On n'a eu qu'une pluie salvatrice depuis un mois et demi, et c'etait la derniere, car le relief ici a la pointe du premier "doigt" du Peloponnese n'est pas favorable au salut humide celeste; en face il pleut parfois, derriere nous aussi, mais ici non.
La vie quotidienne est un combat incessant pour la recherche d'ombre, d'une fraicheur toute relative, et surtout de sommeil. Il fait tres chaud tot, a 9h on suffoque dans nos tentes, et la sieste n'offre pas plus de possibilites reposantes. Alliee a la surchauffe, ce fond de fatigue se conjugue en cette fameuse torpeur propre a nos latitudes, dans laquelle s'englue tout volonte de mouvement; et chaque effort est suivi de transpiration persistante, et on se perd et se complait dans cette douce mollitude...
Les insectes, quant a eux, ne nous laissent que peu de repis, car quand l'armada de mouches, au coucher du soleil, se decide enfin a ne plus se poser par dizaines sur nos membres depuis longtemps las des gigotements necessaires a leur expulsion aussi momentanee que futile, alors les moustiques prennent la releve avec une joie sadique. Et fini le temps ou l'on pouvait se premunir de leurs raids par des vetements longs (pantalons, chemises longues ou pulls..), les 30 degres nocturnes bannissent toute idee de se recouvrir plus que d'un short et d'un t-shirt. On peut rester vigilants un temps, et de temps a autre secouer les jambes ou agiter ses bras, mais l'ineluctable est au programme : on entretient tous (sauf ce salopard de Gauthier, naturellement et incroyablement mosquito-proof) une belle collection de piqures a differents stades de demangeaisons... Moi-meme, en vous ecrivant ces mots, maudit cette stupide idee matinale que j'ai eue de me couper les ongles car je n'arrive plus a me gratter convenablement. Oui je sais on ne doit pas gratter, normalement, mais j'voudrais vous y voir!
L'eau sensee etre froide qui coule du robinet est tiede dans le meilleur des cas, brulante par moments, le surgelateur essaie pitoyablement de suivre le rythme effrene de consommation de glacons que notre joyeuse bande ne cesse de lui imposer, et malheur a celui qui oublierait d'y stocker un maximum d'eau..
J'avoue grossir un peu les phenomenes qui nous baignent, mais peu. Et puis a part quelques rouquins crolles ou blondinets rachitiques ce climat on l'aime, on l'adore. Ce sentiment de se laisser bercer, de retrouver la joie simple et intense d'une douche froide, c'est incomparable...
Il faut le vivre pour en ressentir le charme, il faut avoir connu le paradisiaque temps printanier et sa lente metamorphose en ce qui pourrait etre vecu comme un ete rude et impitoyable pour en apprecier toutes les facettes...
hmmm bon, voila, je pense que ce sera tout pour cette annee, en tout cas en ce qui me concerne. D'autres viendront rejoindre les quelques rescapes assiniens qui se sedentarisent ici pour encore quelques semaines, et peut-etre qu'ils poursuivront la chronique.. En tout cas, si mes elucubrations vont ont plu, n'hesitez pas a ecouter cette petite voix "subversive" qui vous sussure au coin de l'oreille que voyager, decouvrir, vivre, c'est magnifique. Aucune routine ne pourra jamais egaler l'immense tourbillon de sensations que nous apporte le voyage. Surtout le voyage a velo, a pied, un brin routard, un brin fou...
A bientot, tous, amusez-vous bien, vivez a fond les ballons!
01/06/09
"Le Drakkar des Atlantes"
Ah que ne nous arrive-t-il pas sous nos douces contrees... Les projets les plus incroyables croisent ici la piste des possibles, et celui-ci n'est certe pas le moindre de ceux envisages jusqu'alors. La fin des rencontres des energies de l'Arche se profile, l'appel de la route nous envoute de son chant doux et charmeur, les fourmis sont dans nos molets comme les horizons se font comme plus proches, nous tendant leurs bras accueillants.
Ca doit faire plus ou moins un mois que nous n'avons pas vu de pluie ici, et les auspices sont formelles : la pluie c'est fini, time, game over, "ding" insert coin, please try again... Les vagues de chaleur, pour le moment d'une temperature idyllique, s'ecrasent en vagues successives sur le sable des plages, sur la mer omnipresente, sur le beton et l'asphalte qui rayonnent et en deviennent presque molles. Une douce torpeur s'empare du pays, des gens, qui ne trouvera sa conclusion qu'en automne.
Mais je digresse, je m'egare. Dans cette ambiance, donc, avec nos envies de bricolage ayant presque atteint les attentes que nous nous etions accordees, et cette envie de departs contagieuse, une idee a germe dans nos esprits surchauffes. L'atlantide nous appelle, eh oui, encore elle !
Hors donc en cet endroit du pays la terre formait des avancees de terre, doigts tendus vers l'immensite d'une mer et ses secrets inapprehendables. Et entre ces doigts tatonnants il etait des golfes de mer, rencontre vivante entre les elements Terre et Eau; et cette mer la, enserree de montagnes arrogantes, etait d'une beaute a couper le souffle, d'une couleur dont l'entendement humain avait du mal a penser qu'une telle preuve de perfection puisse exister, d'une chaleur bercante, d'une fraicheur vivifiante. Et quelque part au milieu, l'Atlantide Etait. Elle Etait, tout simplement, comme elle Fut au commencement des ages et comme elle Sera a la fin de toutes choses. Sa presence, enorme, ecrasante, subtile, presque indecelable, s'eveille doucement et charme les apprentis explorateurs que nous sommes. Et parmi nous il est un Viking, descendant des Grands Conquerrants, et une poignee de Celtes non moins aventureux, qui ont decide de se jeter a l'eau, si vous me pardonnez ce petit jeu de mot desopilant, en construisant un drakkar afin de voguer sur le berceau des vagues du golfe Atlante. Un peu d'apprehension au coeur face a l'ampleur de ce qui aurait pu etre considere comme un projet fantasque, nous nous mimes en quete de recits, d'experience des marins autochtones afin qu'ils nous fassent profiter de leur savoir ancestral. La mer est une entite enorme, d'un calme trompeur qui peut se transformer en furie extraordinaire, et il nous faut amadouer Poseidon afin de beneficier de ses faveurs.
Passes les premiers quolibets bien legitimes, un enthousiasme contagieux s'est empares d'eux et nous profitons desormais de leurs apports materiels en sus de leurs encouragements. Le drakkar est en construction, les plans fourmillent, les materiaux s'amassent, la traversee s'annonce epique! Et si le premier tout d'essai se revele concluant le voyage radeautesque se poursuivra. Jusqu'ou, personne ne peut encore le predire, mais les zoptimistes sont zoptimistes!
A cote de ca les delires de notre sacree bande continuent a s'entasser au pantheon des excentricites belges, tel cette soiree, pour le depart de notre petit faon national (a.k.a. Stan), ou nous nous sommes tous deguises avec un soin et une recherche du detail pousses a l'extreme, et sommes tous descendus a Coroni a velo. La descente du "bikers club of Assini" sur la ville, et nous sommes alles au resto deguises de la sorte, sous les vivas, les applaudissements des indigenes, sous leurs regards ebahis et quelque peu dubitatifs, amuses...
Bon donc voila, la fin de notre aventure ici arrive, mais ce n'est que pour donner naissance a de nouveaux periples encore plus dejantes!
A bientot, peut-etre, peut-etre pas, merci d'avoir suivi nos aventures, bon vent, arrivederci la compagnie.. Et qui sait, peut-etre a l'annee prochaine! Tout est possib', le rideau tombe, l'entracte est la... Bonbons, esquimaux, chocolats...
20/05/09
Oyez gentes dames, gentillhommes, l'Arche Des Va-nu-pieds vous salue !
Oui oui, notre lieu paradisaque a desormais trouve une denomination "officielle".
Hm tout d'abord, pour faire taire une brochette d'impressions totalement infondees, je n'avais, lors de mon dernier mail, fume ni de torchis, ni d'herbes aromatisees, ni d'isolant de chanvre, ni ingurgite de champignons hallucinogenatoires ni autres choses du genre. Vous semblez ne pas prendre pour argent comptant mes observations scientifiques, soit; mes convictions sont a la hauteur de votre scepticisme ! Qu'a cela ne tienne, je poursuivrai neanmoins mes observations naives et continuerai de les partager avec vous, temoins des etranges phenomenes greco-belges.
Quoi de neuf a l'Arche? Je vais commencer par vous conter un projet fantaisiste, qui a eu amplement le temps de murir dans nos esprits echauffes avant de se realiser : le "torchis by night" (R). Des traces photovisuelles subsistent de cette terrible experience, disponibles, of course, sur le site. Ingredients pour la bonne realisation de l'entreprise : quelques litres de "Punch" (boisson ancestrale viking faite de distillations aromatiques fruitees), un bac de bieres, une pelletee d'instruments bricoles maison, un brin de folie, un zeste de mystique nocturne, des chants tribaux, une motivation debordante, et evidemment l'envie completement demesuree de vouloir faire un torchis expressement gargantuesque ! Et en effet le resultat fut largement a la hauteur de nos esperances, encore que le melange final fut un peu trop humide, car nous n'avions pas pris en compte les litres de sueurs apportes par les apprentis torcheurs survoltes.
Bon a part ca nous avons traverse une douce periode de hmmm comment dire ca... De ralentissement motival ensoleille du farniente envoutant des vents intersideraux et insondables des mouvements constructeurs et realisationnels de mise en forme de nos representations idylliques; et vice versa. Si vous m'suivez...
Le toit se termine, on en est aux tuiles de fete! Oui oui je sais, vous vous dites "ouais mais ho la, ca fait au moins deux jours (R) qu'il dit qu'il est presque fini le toit!", et certes je ne pourrai decemment vous en vouloir de telles pensees. Mais cette fois-ci, c'est pour du bon, on a meme des photos probantes...
Il en est tout autre, par contre, des realisations idolatrantes des jeunes Atlantes qui sont parmi nous. Ils parsement l'Arche de leurs autels a la gloire du Continent Perdu, des cairns, des fontaines, des vasques, des sculptures de nymphes... On sent que leurs envies de partager leurs emotions par le biais de realisations materielles sont enthousiastes, mais helas les materiaux du monde de l'air ne semblent pas adaptes a l'edification de techniques certainement recemment transmises par leurs maitres Atlantes; et les nombreux essais jonchent de sol assinien, vivantes preuves de leur enthousiasme insatiable. Il me semble cependant observer que leurs mises en oeuvres s'affinent et pourraient sous peu donner naissance a de formidables realisations. Le tout, c'est qu'ils comprennent qu'ici on travaille avec du beton, merde quoi, et aux chiottes les elucubrations ecologiques !
Ahhh beton
toi qui est si bon
et toi, parpaing
qui est un tout cree d'un rien
aux usages infinis
d'une perfection innouie
comme tu etincelles
sous le beau ciel
tu refletes le soleil
vraiment, tu m'emerveilles
beni mille fois fut le jour
ou tu revelas tes atours
tu es et resteras eternel
de la culotte tu es la bretelle
du pantalon la braguette
'tain keske t'en jettes !
(Ode au beton, celebre hymne Assinien de salutation matinale, auteur inconnu)
Je vous laisse mediter sur ces sages paroles, un jour vous aussi vous verrez la lumiere et vous ferez votre signe de croix en croisant une betonniere; comme nous.
In nomine betoni, et cimenti, et parpainginus sancti,
Betonnement votre,
Shenz
12/05/09
Chers amis, je deroge legerement a la "tradition" d'un mail tous les 7-10 jours dans ma hate de partager avec vous un evenement majeur dans l'histoire de l'humanite. Il me faut rester stoique dans la mesure du possible quant a l'ampleur du recit que je vais vous faire, mais vous comprendrez vite, je le pense, l'etat d'euphorie dans lequel je suis en passe d'entrer. Et je ne suis pas le seul!
Il y a deux semaines maintenant sont partis Viking, Trappeur, Campeur, Frans et Naima dans un petit periple de 4-5 jours pour aller voir la montagne d'en face dont le sommet enneige reveillait doucement leurs origines nordiques et leurs envies de fraicheur dans ce monde de beton brulant. 4-5 jours... Ah, si nous avions su!!! Il me faut a ce point du recit vous le conter comme je l'usse fait hier, avant leur retour; pardonnez s'il vous plait cet effet de style racolleur de la part d'un apprenti ecrivain emporte par son enthousiasme insatiable...
Hors donc le temps passa, 5 jours, puis une semaine, puis 10 jours, et ainsi jusqu'a atteindre deux semaines, sans retour, sans nouvelles, sans autres informations que celles que pouvaient produire nos cerveaux surchauffes par le soleil desormais irrevocablement omnipresent sous nos latitudes paradisiaques. Heureusement, nous sommes des esprits strictement scientifiques et les nombreuses conjonctures envisagees ont ete passees au crible de la rigueur statistique melee a une dose optimale de probabilites (un peu comme nous avons du trouver les proportions harmonieuses entre terre, sable, eau et paille pour le torchis qui rythme desormais nos journee au son entrainant des chants diphoniques mongols). Differents scenarios, donc, furent passes au crible de nos reflexions affutees : accidents (12.5%), eclatements partiels (38%) ou plus generalises (34.5%) du groupe, avaries legeres (63.4%) ou graves (19.9%) , rencontres malencontreuses avec un serial killeur (7.2%) ou plusieurs (5.6%), enlevements par des extraterrestres (0.4%), rencontres avec un groupe de filles nymphomanes top-modeles (0.0001%), morts par avalanche (2.3%), le ralentissement du rythme par la decouverte fortuite d'un champ de marijane (26.1%)... Et puis... Et puis la revelation! Certains indices, certaines connaissances des legendes et contes locaux en cours d'approfondissement nous ont fait trouver ZE statistique irrevocable, indetronable : Decouverte de l'atlantide; 94.8%!!
Eh oui mes amis, nos compatriotes cyclobelges ont decouvert l'Atlantide! Ils sont revenus maintenant, les bras charges de presents aux origines etrangeres, ce petillement au coin de l'oeil propre aux grands pionniers de ce monde (Christophe Colomb, Erik Le Rouge, Marco Polo, Dirk Frimout...), la couleur de la peau bizarrement modifiee, parlant sans cesse de plages, de cairns de pierre eriges en l'honneur de deites maritimes... Nous les nommons maintenant les Atlantes, encore que leurs regards semblent se durcir, la tension de leurs machoires se raidir a cette denomination, renforcant alors notre prudence dans l'observation des changements survenus dans leurs comportements etranges. On sent chez eux une envie debordante de partager leur experience aux airs presque fantasmagoriques, mais encore emprunts d'une reserve, peut-etre meme quelque serment prete lors de ceremonies paiennes auxquelles ils auraient du participer sous peine d'etre retenus ad vitam eternam dans ce monde sous le monde.
Quelques indices recoltes dans une prudence excessive, neanmoins, me permettent de partager avec vous ce qui n'est encore que des hypothese, encore que forts probables s'il est permis d'accorder a de tels evenements l'application des sciences humaines, meme seculaires, des statistiques. Pardonnez mon approche cartesienne, mais elle renforce mon discours d'une credibilite qui lui serait difficile d'attribuer dans le cas contraire.
C'est en revenant de la montagne, emportes par leur elan de bon aloi, et par une envie bien legitime de se rechauffer les os au soleil au bruit envoutant des marees, qu'ils se sont reposes sur une plage, apparemment anodine encore que d'une beaute presque suspecte. Et la, le bruit du sac et du resac se fit de plus en plus pointu, au point qu'il leur fallut bien se rendre a l'evidence, que ce son n'etait plus tout a fait "naturel", tel que cette connotation peut etre percue par l'oreille et le cerveau humains; mais bien une harmonie etrange, comme un chant de sirenes tel que du certainement l'entendre Ulysse en son temps. Les sirenes, cependant, comme nous le savons maintenant, n'est qu'une fable mise en place pour masquer des evenements et une realite bien plus deroutants encore! Une voie s'ouvrit alors, car leurs mains auparavant guidees par quelque "hasard" aux origines suspectes avaient erige des monticules de pierres selon un schema aux imbriquements d'une precision diabolique signifiant qu'ils souhaitaient se donner en sacrifice au Peuple De Dessous La Mer. Il me faudrait ici vous conter les interminables malentendus, tentatives de communication, ententes, relations respectueuses, tortueuses, et enfin la comprehension mutuelle et respectueuse qui en suivit, mais le temps me manque et je ne sais jusqu'a quel point je puis me permettre de divulguer leurs secrets, mais sachez en tout cas ceci : une formidable cite construite au debut des ages de l'univers, avant meme que la Terre soit terre, sommeille au Royaume D'En Dessous La Mer, d'un sommeil doux et reveur mais non moins vivante par sa magnifiscence plus inimaginable que la plus belle des plus belles cites jamais imaginees par l'Homme au cours des eres; depuis qu'il eveilla sa conscience.
Ils sont de retour, donc, mais pour combien de temps? La "route" les appelle, elle nous touche egalement, nous, Assiniens de l'Arche des Va-nu-pieds, par effet ricochet. Et quand je dis "route", j'utilise ce terme generique car il n'en est pas dans le langage des Hommes qui puisse convenir a l'incroyable complexite du periple necessaire pour atteindre de telles contrees, de tels etats d'esprit...
Atlantidement votre,
Shenz
07/05/09
Ah mes chers amis l'observateur curieux et impartial de l'etonnante diversite de la race humanoide que je suis se doit de partager avec vous une etude recente et quelque peu deconcertante experimentee au cours des derniers jours... Un nouveau sujet est arrive parmis nous, qui nous a ete apporte par deux amis, Pierre et Vinciane. Ca ressemble a un humanoide, mais pas tout a fait comme nous : c'est vraiment tres petit, ca bouge de facon desordonnee et apparemment pas entierement controlee, et puis sourtout ca a une voix qui ressemble par moment a un chat en rut, par moment meme ca rappelle un Gremlins, si vous avez deja vu le film. J'ai d'ailleurs longtemps cru que c'etait un Gizmo qui avait mange apres minuit et avait par consequent rejoint ze dark side of ze force et etait devenu un Gremlins car ses vagissement, sa taille et sa maniere de se mouvoir etaient vraiment du meme style, mais apparemment non. Enfin y parait, quoi. Je suis pas encore convaincu. Quoique... Et puis ca fait beaucoup caca, aussi... Ca mange des trucs qui ressemblent a du vomi mais ca a l'air de trouver ca bon. Zarbi... Ses parents, puisqu'un humanoide en charge d'une telle creature change de denomination sociale, le nomment "lui", ce qui veut sans doute dire que je devrait plutot dire "il" que "ca", hm bon je vais essayer... On me fais remarquer a l'instant que ce "lui" pourrait ne pas etre qu'un terme generique mais bien un nom propre, "Louis", drole d'idee de rajouter des lettres pour faire un prenom d'un nom commun...
Malgre ces bouleversements relationnels envirronementaux, nous restons stoiques, toujours ouverts, et on a meme reussi de temps a autre a faire apparaitre chez ce petit representant hypothetiquement humanoide des signes d'appartenance commune : des sourires et des rires! Weeee on est trop fooorts! Il a surtout apprecie la 1ere journee torchis, a nous voir sauter dans la boue, pietiner, fouler, danser, jumper sur des musiques ska, gitanes, reggae, au son des tamtams improvises par les spectateurs ebahis de tant d'energie.. Eh oui, le mur en torchis c'est parti! Ske c'est trop gai de faire joujou avec la boue le sable et la paille! En plus de ca le beau temps est revenu en force apres une incroyable grele avant hier. Si si, une grele! Il a fait magnifique toute la journee, et une petite heure est passe un orage impressionnant, vents tyraniques, trombes d'eau et des grelons de la taille d'une olive, du genre qu'on est contents d'avoir un toit au dessus de soi et de voir des incroyables mares se former en quelques secondes un peu partout dans le jardin...
Bon j'ai avec moi l'appareil photo et plein de belles images a vous faire partager, mais heu comment dire bon benh j'ai oublie le cable pour relier a l'ordi donc ce sera pour la prochaine fois hein..
En dehors de ca, mon precedent sujet d'etudes, les "phi", ont helas delaisse nos contrees ensoleillees pour retrouver la grisaille nordique (me disait bien qu'elles avaient des idees etranges). Dommage, car je commencais a approfondir les details de les moeurs, et meme a en apprecier certains... Elles nous ont quand meme enseignes de nombreuses choses via leur bible (Marie Claire, je pense que ce doit etre le nom qu'elles attribuent a la vierge dans leur religion), notamment que le beton etait un materiau ecologique (veridique!), qu'il etait indispensable de faire du shopping avec ses enfants, des termes vestimentaires essentiels tels que "so vintage" ou "fachionne", que nous n'etions pas decroissants mais "cost killeurs" ou "radins". Retrospectivement, je me dis qu'une trop longue cohabitation peut se reveler fort subversive... A approfondir...
Et puis Remy est arrive! Wouhouuuuu un entreboisien en plus sous le soleil, quel pied! Quelle bande... Jipi j'ai entendu dire que tes os demandaient un peu de repis, pourquoi ne les enverrais-tu pas, et toi avec, par ici? Il fait bon vivre...
Bon on va aller se promener un peu au chateau et faire visiter la legendaire voute aux nouveaux et pis profiter du soleil, alors a bientot toulimonde, et n'oubliez pas (prendre ici un accent typique africain pour lire la suite) si dieu le veut, tout est possib'!
28/04/09
Hmmm premiere fois que j'ecoute de la musique en vous ecrivant des nouvelles, quel pied! Allez, un tit coup de pub et puis pour vous mettre dans l'ambiance :
http://www.myspace.com/sunrockers
Comme a chaque fois, je ne sais par quoi commencer et que raconter, il se passe tellement de choses... Nous sommes 15 maintenant, avec l'arrivee en masse de cette etrange peuplade dont certains, qui ont suivi nos aventures de l'annee passee, se rappelleront sans doute : les "Phi". Vous savez, ces representantes humanoides qui compliquent l'orthographe en y ajoutant un nouveau genre, qui sentent differemment de nous, "zomh" (bon, il parait, pas tres bon en ce qui nous concerne, il parait), qui ont d'etranges cris de guerre aigus et percants et qui vont cueillir des fleurs pour les mettre dans les pots en verre avec de l'eau dedans. Oui oui, comme je vous le dis ! Bizarre hein? Elles ont des noms pas comme nous, aussi, par exemples celles-ci sont Sophie, Sophie (en plus elles se copient tsst tsst), Helene (elle s'appeeeeelle Heleeeene) et Beatrice. Ca bouscule un peu nos testosterones, mais ca va on tient le coup, on s'adapte.
Au debut ce phenomene de cohabitation a fait ressortir nos comportements les plus rebarbatifs, entendez par la nos bruits corporels habituellement sous controle, la profondeur grave des capacites de nos cordes vocales au point d'en rendre nos voix rauques et nos pires expressions. Systeme d'autodefense de "l'zomh" face au bousculage de son environnement. Mais il a bien fallu se rendre a l'evidence : a ce jeu la elles sont plus balaises que nous! Elles nous ont assene le coup de grace en nous ramenant des magazines tels que "psychologie" ou encore "Marie Claire", que nous nous sommes retrouves a lire passionnement, et, je me dois de l'avouer, avec forces eclats de rire. Instructif. Tout est heureusement maintenant rentre dans l'ordre, pour tant qu'on puisse appeler ordre cette joyeuse anarchie! Quelle etrange synergie que ce melange de caracteres et de visions des choses...
Et puis Fransou, ancien collegue, ami, joyeux turluron au rire communicatif est venu completer notre troupe. Aaaah quel incommensurable plaisir de voir arriver ses amis! Il est arrive avec son velo completement demonte, kaput dans la derniere descente menant a Coroni, mais sain et sauf! C'est en l'honneur de son arrivee et du depart de Pierre (snif deja des departs) que nous avons hier fait une fete monumentale : costumes, chants tribaux et percus decoiffantes, et grandes quantites de ces boissons que quand on en boit on a la tete qui fait bizarre. Barbecue, feu de joie, quelques bris de verre, le poil a bois a servi de grosse caisse/tambour/timbales, chacun faisait du son avec ce qui lui tombait sous la main... Quelques extinctions de voix ce matin dues aux clameurs poussees avec vigueur tout au long de la nuit jusque 4-5h du matin... Xavier (le trappeur) en danseuse du ventre puis en Johnny halliday, Andreas le viking en blouson de cuir, Kosh avec une veste et casquette de militaire, tous avec des chapeaux farfelus, des cottillons, des serpentins... "Ouzooooooo!" est devenu le nouveau cri de guerre du viking, il a meme supplante le "cafeeeee!" pendant un moment, c'est dire! Quelle bande, comme dirait Trap'! Chauds, chauds, chauds patate!
Bon heu ceci dit je vais quand meme essayer de redorer un peu le blason de nos peripeties, a cote de ca on a fini d'isoler le toit, de le couvrir de planches, de la membrane etanche, de lattes a panne, ya plus que les tuiles a jeter! La toilette seche s'est fait faire un relifting : elle etait avant recouverte de toiles de tissu elle est desormais recouverte de zolies planchettes en bois (lambris, pour ceux qui connaissent ce terme technique). On bricole pas mal de bancs, chaises, tables histoire de parfaire notre confort... Et le futur mur de torchis se concretise, les fondations avancent bien au rythme des petits ciments permettant la pose de belles pierres de recup. A propos de recup l'arrivee de nouvelles energies nous a emmenes dans une nouvelle aire, nous faisons des tours d'expeditions afin de recuperer un maximum de denrees destinees a etre jetees (quelle drole d'idee) alors qu'elles sont encore largement consommables, ce qui baisse pas mal nos depenses pecuniaires...
Bon j'arrete la, sinon ca va faire trop long pour les flegmatiques... Pis j'en suis a ecouter "Mr Farmer", si vous avez suivi le lien au debut du mail vous comprendrez peut-etre que ma tete commence a bougeotter de gauche et de droite et que les tenancieres du cafe dans lequel je me trouve commencent a me montrer du doigt en pouffant.. Et puis le soleil brille de ses milles feux, il est 13h30 je commence a avoir un peu faim, je vais aller me prendre de petits fourres au fromage et aller m'etendre sur la plage en rejouant ces airs envoutants dans ma tete en somnolant doucement...
A tres bientot tutti, que la force soit avec vous!
Jah Man
21/04/09
Et quoi les nordistes, ca roule? (merci Louis)
Burp... On digere encore le monumental gargantuesque festin de dimanche, a.k.a. la Paques orthodoxe, qui, pour ceux qui ne connaissent pas, est LA fiesta de l'annee. On a fait un mechoui de chevreau sous le soleil de plomb, attaque l'Ouzo au reveil (avant le cafe, ce qui a donne lieu a des anectodes assez... pitoresques!), fait une salade monumentale, et une de ces siestes apres ouie ouie ouie. Une etrange torpeur, alliee a un etat catatonique, un tres bizarre et tres inatendu mal de tete au reveil, et une soiree d'une molitude exemplaire : on avait tout donne au matin et en debut d'aprem. On a un enregistrement de l'ambiance quand elle etait a son comble, mais je ne pourrai pas garantir qu'il soit disponible un jour, etant quelque peu compromettant pour certaines personnes hihihi. Le point d'orgue etant l'arrivee bien a propos de Papous et Olivier (aussi connus sous les sobriquets de Campeur et Trappeur), compagnons de notre voyage velotesque nord-italien.
Avec Pierre, cuisinier, et Naima arrives un peu plus tot dans la semaine, cela amene notre joyeuse compagnie a dix! Un chouette bordel plus ou moins organise, et ca bouge dans tous les coins c'en est affolant. Le toit avance, s'isole, se renforce, s'etancheise siga siga (petit a petit en grec), le jardin prend une forme inattendue aux yeux des "anciens" avec l'apport des nouvelles idees, un salon exterieur s'est cree a l'aide de quelques ballots de paille et de quelques couvertures, et le mur en terre-paille s'annonce : les fondations sont fondationnees, les pierres pierrisees, la paille paillaissonnee...
Ah, et on est partis sur un delire de tube de l'ete a Coroni, sur l'air completement stupidifiant de Manau "j'entends le loup, le renard et la belette"... Pour ceux qui connaissent l'air, voici le debut des paroles :
J'entends la scie, le marteau et la binette,
J'entends la scie et le marteau chanter
J'entends la scie, le marteau et la binette,
J'entends la scie et le marteau chanter
Assini vivra, ouais les gars Assini vivra
Et dans deux jours on aura fini le toit!
Doivent encore intervenir dans la chansonnette les stars que sont le compost, la toilette seche, le mur en torchis, le jardin paradisiaque, l'ambiance delirante... On est un peu en manque d'instruments alors on se rattrape a chanter. Remy vient vite qu'on puisse leur en mettre plein les oreilles !!!
J'aimerais bien essayer de vous faire plaisir en vous disant ouais ici c'est la merde, la deprime, mais j'ai beau me creuser la tete j'y arrive po. Desole :p Bon, ceci dit j'ai moultes temoignages comme quoi il fait magnifique au plat pays qui etait le mien, c'est genial de savoir que vous pouvez lire tout ca sous un rayon de soleil, ca vous met deja un petit peu dans l'ambiance!
On attend de nombreuses arrivees (5 cette semaine, 5 pour la semaine d'apres), weeee ca va etre la foire! Et on se prepare pour la fete du travail du 1er mai, on s'est dit qu'on allait se faire un bal masque pour l'occase pour feter ca dignement hehe et puis bon benh du coup on sera oblige de pas travailler oh benh zut alors... Enfin ceci dit je suis un peu ironique mais c'est vraiment dur de rester a la maison sans rien faire, on a toujours envie de bricoler un truc ou de delirer sur un autre. Surtout a dix, des que quelqu'un s'y met ca fait effet boule de neige et ya la scie, le marteau ou la binette qui demange :)
A bientot pour de nouvelles photos, de nouvelles nouvelles et qui sait peut-etre le fameux enregistrement dont je vous ai parle!
Ta leme sidoma (=a bientot)
15/04/09
Bijouuuuuur tutti ! (j'essaie de varier mes bonjours, si vous avez des idees glissez-m'en discretement a l'oreille, comme ca je pourrai avoir l'air original)
Bon, une fois n'est pas coutume, je vais un petit peu vous reconforter dans vos climats belgiciens et vous oter un peu de vos envies grecquicisantes : il a plu ! C'est "la saison des pluies" ici, ce qui veut dire qu'on a un jour de pluie par semaine, dont une memorable que nous avons tous vecus a des degres aussi differents qu'intenses... Je m'explique...
Nous sommes partis avec Andreas faire un petit tour dans le Peloponnese a velo (of course) avec Fred et Helene qui ont repris la route qui les amenera un jour jusqu'en Mongolie. Kostas etait reste a la maison pour se poser un peu et accueillir les premiers arrivants... Debut de voyage petaradant, ensoleille, avons rencontre un adorable petit vieux a biquettes, avons dormi dans son champ en bord de plage, essaye un peu de dialoguer avec nos quelques mots de grec et surtout force sourires, veille au coin du feu a admirer la pleine lune... Sommes passes par Kalamata, une "grosse" ville qui nous a vite donne des boutons (et un gros bide parce que trop mange a midi), avons quitte la ville peniblement, l'estomac leste de quelques kilos en trop, puis nous sommes poses dans un champ d'olivier appartenant a un tres accueillant Athenien faisant son potager et nous mettant en garde contre les nombreuses viperes peuplant son terrain. Nous n'avons helas pas eu la chance d'en croiser. Et la, la soiree d'aurevoir, puisque nous quittions nos amis Bretons le lendemain. Aye aye aye, caramba! On a chante, on a danse, on a joue de la musique jusqu'a pas d'heure (euh enfin jusqu'a ce qu'on ait vide toutes les bouteilles ou presque), memorable!
Le reveil embrume le lendemain fut un peu moins memorable (hm hm). Mais bon, un ptit aspro, beaucoup d'eau, quelques oranges glanees sur la route la veille et une petite sieste nous ont remis d'aplomb pour le diner de Paques (catholique), les adieux emouvants et un depart pas tres fier vers 16h30 :)
A deux donc, avec Andreas, nous sommes alles jusqu'au site archeologique de l'ancienne Messini. WOAW! Incroyable! Nous avons monte, grimpe, un petit peu sue, et la haut... Une merveille, des ruines extraordinairement bien conserve et en quantite impressionnante, et du haut de la montagne une vue imprenable sur des dizaines et des dizaines de km a la ronde, a hauteur des nuages paresseux qui nous faisaient coucou en passant... Quel sentiment incroyable d'avoir un tel panorama s'offrir a nos yeux ebahis, de s'imaginer une civilisation capable de construire de telles merveilles aussi ingenieuses qu'harmonieuses. Un veritable voyage dans le temps.
Reveurs, sous le soleil, pensifs, nos pensees s'envolent, nos bouches s'extasient en coeur...
Petit campement du soir, bonne petite bouffe dans un traditionnel verger d'oliviers, perdus au milieu de nulle part. Et puis PAF! le reveil sous l'averse, a se blottir dans son sac de couchage et attendre que ca passe. Sauf que ca passe pas, zuteuh. Pas croise de magasin la veille, les vivres sont au plus bas, heureusement il nous reste de quoi faire deux cafes, trois cloppes, deux tartines au choco (en raclant bien le pot) et deux oranges. Course sous la pluie battante vers une petite bergerie abandonnee, petit coin de paradis dans un univers trempe par les averses torrentielles. Moment delire, a siffloter "don't worry, be happy", le moindre petit rayon de soleil perdu entre deux nuages nous rebranche sur optimiste.com, mais bon au bout d'un moment il va bien falloir se rendre a l'evidence : ca va pas passer de si tot. Repliage des tentes en triple vitesse, trempees comme un torchon gorge d'eau, puis enfourchant nos fideles destriers nous sommes alles braver la tempete. Environ 5 minutes plus tard, trempes jusqu'a l'os, realisant que nous ne pouvions de toute facon pas etre plus mouilles que nous ne l'etions deja, on a decide d'ecourter notre petit periple et rentrer fissa fissa a Coroni, vers la maison qui nous appelait de son chant de sirene, nous promettant douche chaude, petard, habits secs, chaleur chaleur chaleuur ! Fait 58km en 3 heures top chrono, mini pause slurp cafe pfff pfff cloppe et hop repartis sans poser pied a terre... Arrivee en trombe a la maison du paradis, ou nous retrouvons Kostas en compagnie de Stan, premier arrive qui faisait partie du groupe avec qui nous avions velote en Italie. Un peu plus tard ont debarque Chloe et Gauthier, tout aussi euphoriques que nous!
Nous sommes donc six desormais, a nous raconter toutes nos histoires, delirer, faire des plans, debordant d'energie, deja le souvenir de la pluie s'estompe et le soleil brille de tous ses feux! Grosse pensee a nos amis Bretons qui nous ont file plein plein plein de bonnes vibrations et de contacts plus prometteurs les uns que les autres dans la region du plateau du Larzac en France, tout pret de la ou Johnatan aide son beau-frere a faire sa baraque en terre-paille quelle coincidence! Les plans changent, s'adaptent, rechangent, bon en fait on prend la vie comme elle vient, faire des plans ca sert a rien ca change tous les jours :)
07/04/09
Chers amis, une ere nouvelle s'annonce...
Nous avons decide de mettre le site, que sans doute bon nombre d'entre vous ne connaissent pas encore, a jour. Ce qui veux dire, eh oui, que nous y mettons des photos ! Voici la premiere salve :
http://www.demarche.org/Demarches/Grece/photos
Quelques commentaires : pour la partie "voyage en Italie" vous pouvez apercevoir la troupe (presque) au grand complet, ainsi que quand meme hein le fait qu'on est alles jusqu'en Slovenie ! Dans la partie voyage grec, on voit Kostas et la desormais legendaire Illiada, quelques uns des magnifiques paysages rencontres, la tempete qui a ce moment ne faisait encore qu'approcher, et en dernier lieu la fameuse cote qui nous a casse les cotes... Et puis l'etat un tit peu catastrooof de la cuisine au moment de notre arrivee et du Grand Nettoyage. Bon, j'aurais aussi du vous y mettre son etat actuel, parce qu'on n'est pas peu fiers du resultat. On a meme installe un superbe atelier dans la piece d'a cote, nickel et tout et tout...
Et puis une rencontre merveilleuse, fin de la semaine passee, d'ailleurs exactement au moment ou je vous ecrivais le 2e volet de nos aventures rocambolesques : devant le cybercafe d'ou je vous ecris et pense beaucoup a vous etaient parques deux velos charges de maniere plus qu'impressionnante, genre nous a cote on avait l'air de touristes en voguette.. Et un jeune couple a l'air fort sympatique en train de siroter un cafe a la terrasse. Reconnaissant en eux des compagnons veloroutards, nous sommes alles engager la discute, pour nous apercevoir que c'etaient des francais, Bretons plus precisement, sur les routes depuis 10 mois! Ils sont toujours avec nous en ce moment, sont excellents, egaient nos soirees de leurs accordeons, clarinettes, spectacles (ils ont un veloscope et une miriade de films muets des annees 30 dans leur paquetage)... Vraiment, une rencontre ahurissante de bonheur !
Nous sommes donc, surprise des routes et des rencontres, cinq maintenant, l'ambiance au beau fixe... Je vous propose un petit detour par leur site, pour les amoureux des ambiances feeriques et rocambolesques :
http://www.cycloscope.org
A part ca, aujourd'hui ambiance plage, sieste, farniente... Nous avons helas fini le stock d'herbes hillarantes fournies par Giorgos, le macon du village qui ponctue regulierement ses visites de lestage de cultures personnelles discretes :p
Et il y a quelques jours nous avons fait une decouverte incroyable, d'autant plus que nous etions passes dans les environs a plusieurs reprises l'annee passee sans decouvrir cet endroit magique (et je pese mes mots). Dans le chateau de Coroni, en dessous d'une des immenses tours qui devaient sans doute servir a l'epoque de tour a canons, nous avons trouve une salle circulaire dotee d'une voute, avec un enorme pilier central... La salle doit faire dans les vingt metres de haut, et autant de circonference, et il y regne une acoustique et un echo d'une purete que, personnellement, je n'avait jamais, mais alors jamais, experimente dans ma vie! On y a fait des enregistrement de musiques, promis la prochaine fois je vous envoie ca, mais attention c'est dangereux on rentre dans une transe profonde apres ca...
Demain Fred et Helene, nos amis bretons, vont nous y projeter un film de circonstance : Nosferatu, le tout premier "dracula" de l'histoire du cinema. Ouuuuuuuh!
Sinon grace a leur aide a tous les deux ca s'agite dur a la maison, le jardin est defriche (Fred a fait en une journee ce qui m'avait pris trois jours a faire, hm hm), la cuisine s'orne tout doucement de veritables oeuvres d'art (dont l'abat-jour tresse et cousu a la main, dont je ne suis pas peu fier), l'atelier est un modele de pratique allie a une esthetique tres baroque, on a commence a faire de la vraie cuisine genre vraiment bon, on fait notre pain, on va cueillir dans la campagne environnante de quoi faire nos salades du midi...
En gros on s'installe, et bien. Faut dire, on prevoit d'etre 15-20 d'ici la fin du mois alors il faut de quoi accueillir tout ce beau monde, et profiter de la tranquilite paisible du moment !
Mais en meme temps qu'est-ce qu'on est impatients de voir tout le monde debarquer et voir s'organiser cette vie en communaute dans un joyeux bordel organise :)
A tres bientot, donc, pour les photos de notre interieur fini, et des enregistrements sonores de nos elucubrations musicales!
Geia sas pedia
02/04/09
Oyez oyez ! L'ere du paillasson est arrivee !
Le grand nettoyage de printemps suis son court, la cuisine est tellement propre qu'on a achete un paillasson, tous fiers que nous etions de la blancheur eclatante du sol et de la proprete irreprochable de notre nouvel habitacle... Hm bon ok je m'emballe, disons que c'est vivable quoi. Dans deux jours ce sera nickel :D
Bon petite pause explicative, car de nouvelles expressions sont nees, qui, comprendront ceux qui comprendront, n'ont pas peur d'autres expressions. La premiere, "dans deux jours", est nee pendant le voyage a velo dans le Peloponnese.. Un beau jour (parmis tant d'autres) nous avons jete un oeil sur la carte et nous sommes ecries, euphoriques, "didjou, mais dirait-on pas qu'on arrive dans deux jours!". Idem le lendemain. Et aussi le surlendemain... Vous voyez le truc venir... Vachement pratique! Quelques exemples non exhaustifs :
L'isolant, il arrive quand, Kosh? - Dans deux jours !
Et le matos? - Dans deux jours !
A ton avis, les autres ils arriveront quand? - bah dans deux jours, tiens...
Hm et le toit, on le finira quand?
Pis une autre expression qui tient egalement son origine du periple velo, de la copine de Kosh qui a fait le trip avec nous, qui s'appelle Illiada, fille toute mimi, marrante, sympa... Mais vraiiiiiment pas douee pour toutes ces petites choses pratiques de la vie de tous les jours. Le mot "bourde" prend tout son sens avec elle. Elle fait des efforts, hein, elle est de bonne volonte, mais elle fait bourde sur bourde. Bon benh du coup dorenavant, quand quelqu'un fait un foirage, les autres, petit hochement de tete entendu a la cle, de dire : Illiadical... {ethymologie : Illiada + Typical = Illiadical}.
Voila, comme ca ceux qui nous rejoignent connaissent deja un peu du patois local :p
Bon heu donc, revenons a nos moutons. On range, on jette (eh oui, tout sous l'eau pendant plrs mois ca fait des degats, helas), on recure, on nettoie, on rearrange, ca commence a devenir coquet, meme ! Pis je m'occupe de defricher le jardin... Imaginez la jungle amazonienne... Indiana Jones, perdu au milieu des tolteques... Les betes sauvages, la vegetation a perte de vue, le soleil eclatant, les decouvertes archeologiques... Vous y etes? Imaginez-moi la-dedans, arme de ma serpette dont le manche n'est heureusement pas encore perdu, de mes gants de menagere, en short, suant sang et eaux, essayant de me tailler un chemin vers la lumiere du jour...
Pis sinon dans deux jours (hihi) l'isolant arrive, avec le nouveau matos flambant neuf, on commence le toit il va etre maaaagnifique!
A tres bientot pour la suite des evenements... Et des photos... Dans deux jours...
28/03/09
Ca y est, apres moultes periples nous voici arrives a Coroni! Aaaaah par ou commencer? Deux semaines et demi que nous sommes sur les routes et deja tant a raconter...
Installez-vous bien, roulez-vous une cloppe, mettez une petite sonate de Beethoven, le mail sera long ou ne sera pas...
Je resume : depart de Bruxelles avec Andreas et Xavier (=Papous, pour la suite des evenements) en Thalys avec les velos, un controleur sympa qui nous file un compartiment rien que pour nos affaires, arrivee ensoleillee (cet adjectif risque fort de revenir souvent) a Paris, remontage des velos, ballade dans la cohue citadine, on retrouve Olivier et Chloe a la gare de Bercy pour le deuxieme train, direction Venise... Si vous avez bien suivi, nous sommes cinq pour le trajet en train de nuit, train vide ou presque, plein de place, on suscite le curiosite et je dois bien avouer un certain amusement de tout le monde avec nos velos demontes-embales et toutes les sacoches en tout genre, ainsi qu'avec la Kalimba dont les douces notes se repercutent a travers le wagon. Arrivee (ensoleillee) a Venise la magnifique, ou nous retrouvons deux autres accolytes : Gauthier et Stan.
Comme Kosh, chez qui nous allions ici a Coroni, etait retarde d'une semaine pour raisons administratives, Andreas et moi (ai failli ecrire moi et Andreas, mais je me suis rappele a temps des regles de bienseance) avons suivi les cinq autres, qui font tout le reste du voyage jusque Coroni a velo en passant par les Balkans. Quel voyage!!! Le nord de l'Italie est sensee etre une region fort pluvieuse, surtout au printemps, d'ailleurs d'apres les autochtones rencontres au petit bonheur la chance il pleuvait sans discontinuer depuis quelques semaines avant notre arrivee, mais la on a eu une semaine de soleil intense et chaleureux. Region plate, fort agricole, fort vinicole (hips et rehips rien que d'y penser), et des gens formidables. On a dormi a la plage, dans la foret, et accueilli chez des gens d'une gentillesse incroyable : douches, repas multiservices, cafe, grappa, vin, petit dejeuner, adieux dechirants... Une belle petite lecon d'humanite!
Nous sommes alles jusqu'en Slovenie avec eux, et puis la, bardaff! Une montee de ouf apres Trieste, petite ville portuaire a la limite italienne, que quand on est arrives en haut et qu'on a vu ce qui nous attendait apres on a fait une ptite photo souvenir pour montrer qu'on etait alles jusqu'en Slovenie pis on a laisse les autres continuer et on a fait demi tour la queue entre les jambes... Et la, mon ami, une de ces descentes! Genre qui a pas peur d'une autre descente.. 15 minutes non stop, 500m de denivele qui nous avait pris 2 heures a monter... Avec Andreas, donc, nous n'etions plus que deux, je dois avouer que nos petites habitudes capitalistes ont fait toc toc dans un petit coin de nos cranes et on a pris une chambre a l'auberge de jeunesse, une douche d'une bonne demi-heure chacun, un resto (et qu'on pouvait meme fumer dedans, quelle classe ces italiens!), pizzeria evidemment avec un choix de malade, 94 pizzas differentes au menu (si si j'ai compte!).
Puis on a pris un train au hasard, debarque dans une gare au pif, petit moment de stress euuuuuh ou qu'on est? Les montagnes, la, elles ont l'air vachement proches non? Mais bon finalement pico bello, on a fait deux jours de velo et arrives a temps pour chopper Kosh a Venise. Nous sommes le 19 mars. Il fait beau. La vita e bella!
Trajet en bateau venteux, petit stress meteo : c'est la tempete en Grece, 8 beauforts et pluie diluvienne sont censes nous accueillir... Eeeeeeh benh non! Une semaine qu'on est en Grece, une semaine qu'il fait maaaaaagnifiquement ensoleille, chaud, chaud genial quel pied! Je veux du soleil, faut rever... On y est! A part une anicroche, je raconte ca dans quelques lignes... On est passes par des endroits tout droit sortis de contes de fees genre la petite maison dans la prairie c'est mad max version non censuree a cote, on a eu un accueil incroyable a Kiparissia pendant une micro douche bien a propos par une famille adorable qui a carement mis un appartement a notre disposition, nous a fait a manger... Vraiment, c'est a rendre humaniste le plus cynique des associal!
Ah, et avant hier nous nous sommes arretes sur une plage idyllique pres de Pylos, terrible, une vue incroyable depuis le chateau ou nous avons grimpe telles des biquettes survoltees. Occupe a rever la haut, a admirer le paysage ooooh que c'est beau et tout et tout, puis vla t'y pas qu'on tourne la tete, et oh dis donc y en a des nuages la bas au loin, z'ont meme l'air de venir par ici... Pas plus inquietes que ca, jusque la on est sponsorises par optimiste.com, le vent va tourner et ca va aller va! Revenus au campement, on fait notre feu quotidien, le 5e cafe de la journee (plus ou moins), et puis, et puis....? Armageddon. La fin du monde. Tornade, eclairs en continu, pluies dilluviennes, torrentielles. La tente qui s'envole, sortie dans la nuit, recherche d'un abri, quand j'y repense je comprend pas qu'on ait pu rester si optimistes, de bonne humeur, euphoriques de cette geniale experience que de se retrouver un simple petit jouet dans les enormes paluches que sont les elements dechaines d'une nature en furie! Pis bon, le lendemain soleil eclatant, pas un seul nuage sur tout l'horizon, optimiste.com est de retour et a encore fait des adeptes!
Le reste tranquille, une montee de malade genre le Christ sur le Golgotha pour le dernier jour de velo mais no problemo, menes en tete de file par Andreas rebaptise "le viking" on est arrives au sommet de 800m pour la plus belle descente jamais faite de notre vie, et une arrivee petaradante a Coroni, fin du periple velo.
Nous voila poses! Apres deux semaines incroyables, qui paraissent deux jours tellement c'est passe vite, deux mois tant nous avons vecu d'experiences formidables (j'en ai pas raconte le quart du tiers, j'ai essaye de faire "court"). Ici a Coroni la maison a pris l'eau, la bache sense la proteger a du lacher il y a quelques mois, le jardin est une jungle inexpugnable, mais c'est genial! On se sent rempli d'une energie debordante, on pense beaucoup a vous tous, vous nous manquez, venez vite ceux qui viennent, venez ceux qui ne viennent pas, ca fait un bien fou. La vie prend tout son sens... Et puis sinon je vous envoie plein plein de bonnes ondes, restez sur optimiste.com, ca marche du tonnerre!
Arriverdecci tutti, a la prochaine et bon vent!
Le Viking (=Andreas), Shenz (=Vincent) et Kosh (=Kostas)
ps : oulah ai failli oublier... Hier soir, au petit resto salvateur apres notre arrivee a Coroni, nous avons eu l'incroyable bonheur de voir la meteo! Heing? me direz-vous.. Regardez par vous meme, ici en Grece, la meteo c'est comme ca que ca se passe (pour du vrai!!!) :
http://www.youtube.com/watch?v=5hsS0l0gYo8&feature=channel_page