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Se désencombrer

[ Modifier ] * Proposé par (... et vous?)* Dernière modification le 25 Janvier 2008 à 10h49
Se débarrasser de ces objets qui bondent nos chaumières; se soulager le dos de ce qui pèse dans nos sacs; se libérer l'esprit des tracasseries qui usent;... un peu de rangement avant d'entamer un belle journée ensoleillée.

    Cathy

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    | Réflexion(s) d'un novice
    Le concept même de la simplicité va à l’encontre de tout ce qui bâtit notre société depuis des décennies, voire des siècles ou des millénaires. Si l’on observe, un peu naïvement peut-être, l’évolution de l’humanité, on s’aperçoit que la personne humaine s’est beaucoup «compliqué » la vie depuis la nuit des temps.

    Bien sûr, faire référence aux « hommes des cavernes » fera hurler bon nombre d’écologistes car cette image leur est souvent assénée comme une comparaison : combien de fois n’a-t-on pas entendu dire que l’écologie équivaut à revenir (au mieux) au Moyen-Âge ou (au pire) à la préhistoire ? Mon propos n’est évidemment pas de comparer des époques qui n’ont rien en commun, mais bien d’utiliser ce que nous savons de ces temps immémoriaux pour y trouver le ferment de notre société actuelle.

    Vivre avec le même statut que les animaux sauvages ne fut certainement pas une sinécure. La chasse et la cueillette pour se nourrir, la caverne pour se loger… Peu de choses différenciaient ces premiers humains des autres créatures. Pourtant, progressivement vinrent les premiers objets : couteaux de silex ou d’os, récipients divers, peaux tannées pour la vêture, et bien entendu, la première technologie fondamentale : la maîtrise du feu. Deux « écoles » s’opposent d’ailleurs au sujet de l’évolution de l’être humain : est-ce notre cerveau qui a permis d’utiliser à bon escient notre main préhensile, ou est-ce cette particularité de notre anatomie qui, au contraire, a permis de développer nos facultés mentales ? Peu importe dirons-nous, car d’une manière ou d’une autre, les humains en sont venus progressivement à se distinguer des autres êtres vivants et ont complété leur univers proche par une série d’objets qui furent destinés à rendre leur vie quotidienne plus aisée, plus confortable.

    Ces ustensiles, qui seront ouvragés, décorés, apporteront une dimension supplémentaire à la vie de nos anciens : l’esthétisme. C’est ce moment de notre histoire qui suscite mes premières interrogations… A quoi sert-il en ce moment précis d’une civilisation vivant sur une planète peuplée (seulement) de quelques milliers d’humains, que des ustensiles de cuisine ou de chasse soient ornés de dessins, de gravures ? A rien pourrait-on dire…

    Doté moi-même d’un tempérament artistique, je sais que fondamentalement une œuvre naît spontanément sans que l’on sache vraiment pourquoi elle est là au bout du pinceau ou du burin. En s’interrogeant devant l’oeuvre, en analysant la fougue ou la délicatesse du travail on peut y déceler l’émotion qui fut l’élément déclencheur, mais cela se fait la plupart du temps a posteriori. J’aurais tendance à croire que cet artiste primitif ne s’est pas vraiment posé de questions et a accompli « sans réfléchir » un acte que de nombreux humains copieront par la suite : faire quelque chose de très joli mais qui, intrinsèquement, ne sert pas vraiment à grand’chose… Ce pot de terre ne tient pas mieux l’eau et ce couteau n’est pas plus tranchant parce qu’ils sont tous deux décorés. Et pourtant…

    D’aucuns parleront de grandeur, d’évolution, d’intelligence à propos de cet acte, et il est vrai que les générations d’artistes qui ont suivi nous ont montré qu’il y avait là matière à création, à travail, à enrichissement spirituel et que l’intelligence humaine pouvait servir à embellir notre univers quotidien. Créons des objets, soignons l’apparence des choses, cela nous apporte un certain plaisir, un certain bien-être et stimule les esprits. En développant le goût du « beau » les humains ont développé le goût du « bien » et –probablement ?- du « bien-être »…

    J’aime croire que les humains ont commencé à associer le bien-être aux objets depuis cette lointaine époque où leurs conditions d’existences étaient VRAIMENT améliorées grâce à ces objets. En revanche je m’interroge quant à savoir quels furent l’époque, le moment, l’instant où tout a basculé et où les humains se sont mis à CONFONDRE bien-être et possession d’objets.

    Car à un moment donné, les humains ont dépassé le stade de l’objet-ustensile-indispensable pour entrer dans l’ère de la possession. Est-ce lié à la sédentirasation ? Cela pourrait être une explication : les nomades (encore actuellement) limitent fortement le nombre de leurs objets car lorsqu’il faut tout empaqueter et tout transporter sur son dos ou celui d’une bête de somme, avoir une foule d’objets inutiles représente une charge dont ils préfèrent se passer. En revanche, lorsqu’on est sédentaire, le sens de la propriété se développe, on prend possession d’un lieu et on s’y installe à demeure. On peut dès lors commencer à multiplier les objets destinés à faciliter l’existence, et l’on est facilement mené à « entasser » les choses d’autant plus facilement que l’on ne subit plus l’inconvénient de devoir les déplacer. La masse d’objet étant exactement proportionnelle à la surface disponible, ou à l’inverse, la masse d’objets possédés induisant un élargissement de la surface occupée, il me devient évident de lier intimement la possession avec l’occupation du sol. Plus on a et plus il faut de place pour son avoir.

    Ce sens de la propriété me semble être un élément-clé dans l’évolution de l’humanité. Les grands propriétaires terriens ne sont-ils pas encore aujourd’hui les plus « possédants » pour ne pas dire les plus riches (économiquement) ? J’imagine la lente mise en place des dérives liées aux inégalités directement conséquentes au processus de possession. Lorsque personne ne possède rien, ou que le peu de biens est partagé entre tous, personne ne songe à voler ou à s’approprier quoi que ce soit. En revanche, la possession devient très facilement une source de conflits entre les êtres dès que les biens sont inégalement répartis. J’ai et tu n’as pas, tu as et je n’ai pas… Conflit, jalousie, vol, autant de choses qui peuvent croître, s’envenimer et s’empirer sans fin… De l’arquebuse à la bombe atomique, du lance-pierre au char d’assaut, l’ingéniosité humaine a été mise bien souvent à contribution pour annihiler l’autre et lui prendre ce qu’il possède… Colonisation, esclavage, torture et camps de la mort, sous des prétextes politiques, philosophiques ou religieux, la quête du bien d’autrui nous a conduit à toutes les horreurs, tous les excès…

    Alors que l’on a développé un mode de vie sociétale basée sur la possession, voilà que des originaux viennent troubler l’ordre séculaire des choses avec un concept de non possession ou de possession limitée à son absolu minimum.

    C’est en cela que je considère la Simplicité Volontaire comme allant à l’encontre de tout, comme étant l’idée la plus révolutionnaire de tous les temps… Ma réflexion, après avoir survolé l’histoire va s’égarer quelque peu au sein de la politique, mais il s’agira là d’une autre histoire….
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